Un casse-tête en moins ???

mercredi 28 septembre 2011 par Arimi Choubadé

Enfin la muselière à cette douane grogneuse, frondeuse et velléitaire. Une séance plénière au palais des gouverneurs sanctionnée par un vote majoritaire le 26 septembre 2011 et s’en est fini (presque) du droit de grève des disciples de Saint Mathieu. Exit la corvée de la négociation d’une hypothétique trêve sociale entre gouvernement et travailleurs du moins en ce qui concerne les militaires et assimilés. Chaque camp est resté droit dans ses bottes. Rhétorique musclée, menaces, grèves de la part des douaniers ; durcissement de la loi de la part des honorables refondateurs. Deux camps, prétendant, tous, œuvrer au nom de la démocratie, se parlent sans s’entendre. L’horizon s’obscurcit visiblement au lendemain du vote de la fameuse loi portant droit grève du personnel militaire et assimilé aussitôt suivi de la réplique des douaniers qui déclenchent de leur côté une grève de 72 heures.

A supposer que le droit de grève soit définitivement retiré aux douaniers. Ces derniers conservent néanmoins dans le texte voté une once de liberté à travers la faculté de faire exister des organisations syndicales. En clair, Egounléty, Marcellin Laourou et compagnie ont encore des épisodes de la contestation à écrire dans leurs parcours professionnels respectifs. En attendant de voir concrètement à quoi pourrait ressembler le combat syndical dépourvu de la possibilité d’aller en grève. Une perversion de la revendication et de la contestation sociale n’est pas à exclure dans ce cas. En lieu et place d’action spectaculaires voire radicales comme la cessation de travail, l’appareil pourrait être soumis à d’autres actes plus sournois, plus pernicieux et partant plus nocifs pour le trésor public. En prévision de la reconversion des méthodes par les animateurs syndicaux désireux de mettre la pression sur l’Etat-employeur. A moins que l’esprit de la refondation éclaire à chaque fois le parlement pour qu’il puisse apporter la parade qu’il faut.

La solution parlementaire aussi efficace avec les militaires et les paramilitaires pourrait faire ses preuves vis-à-vis des autres poches de fronde sociale. Autant que la grève des paramilitaires, celles du personnel soignant, des enseignants, de l’administration judiciaire et autres fonctionnaires d’Etat provoquent d’effroyables frictions auprès des populations. La femme en couche abandonnée à la douleur et à la mort sur le perron d’une maternité pour fait de grève du personnel de santé (sans service minimum) aurait souhaité que les députés-refondateurs prennent une initiative à cet effet. Selon toute vraisemblance, les velléités de corser davantage les conditions d’exercice du droit de vote dans les autres secteurs de la fonction publique ne font pas défaut. Il ne s’agit que d’une question de timing et d’opportunité. Pascal Todjinou a cru devoir mettre la main sur une proposition qui courait les bureaux au palais des gouverneurs. Le texte aurait même disparu du circuit après le tollé déclenché par l’alerte du Sg/Cstb avec la promesse de ses promoteurs de le faire revenir au plus tôt au menu des débats parlementaires.

Mais le cas de la douane est trop sérieux pour qu’on le réduise à une bisbille parlementaire. On a bien vu que les douaniers ont multiplié les arrêts de travail justement au moment où leurs prestations laissent à désirer et qu’ils parviennent de moins en moins à atteindre les objectifs à eux fixés. Ils allaient rarement à la grève pendant leurs temps de gloire où leurs ministres de tutelle se vantaient d’avoir dépassé les prévisions sur les plateaux de télévision. L’éruption syndicale coïncide curieusement avec la période de baisse de régime au niveau des régies. Pas évident donc que la seule disparition des grèves permettent de faire renflouer les caisses à nouveau. L’économie béninoise ne fait que payer le caractère unijambiste de sa structuration. On l’a dit exclusivement fiscale pour ne pas dire « douanière ».

La poule aux œufs d’or ne pond désormais que du plomb !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/997-un-casse-tete-en-moins.html